Atelier “Développer des activités régulières dans l’espace public”

Mardi 13 décembre 2016

Bibliothèque de rue, ateliers de peinture de rue, ateliers sportifs... comment mettre en place des activités régulières dans l'espace public ? Qu'est-ce que cela apporte aux structures porteuses de ces actions ?

Retours d'expériences

Pour répondre à ces questions, trois centres sociaux et associations marseillaises sont venus présenter leurs expériences.

Ateliers hebdomadaires dans la rue sur trois sites / CCO Romain Rolland (13010)

Avec peu de moyens matériels et humains, le CCO a réussi à aller au-devant des habitants du quartier en mettant en œuvre des activités en extérieur : atelier confiture (préparation des fruits, cuisson, décoration des pots), ateliers vidéo, écriture, peinture, lecture, pauses café, jeux de société (fabrication et parties de jeux).
Pour le secteur jeunes, des ateliers sportifs et des voyages sont mis en place.

Les espaces appartiennent au bailleur HMP qui leur a donné l’autorisation et même quelques apports matériels.

Les ateliers sont encadrés par une ou deux personnes du centre, parfois avec l’aide d'adolescents.

Résultat : les habitants de tous âges viennent car c'est facile d'accès, gratuit et sans inscription. Des mamans qui fréquentent le café s'inscrivent aux activités du centre.

Les "mercredis récréatifs" dans les espaces extérieurs / centre social MPT Kallisté la Granière (13015)

Le centre fonctionne par l’initiative des habitants : ils sont force de proposition et s’impliquent dans les activités. C’est ainsi qu’ils ont mis en place dans les espaces extérieur de la cité les « mercredis récréatifs » pour remplacer le centre aéré qui avait peu d’inscrits.

Différents ateliers sont programmés tous les mercredis : danse, jeux de société, projections, peinture, contes, jardinage, théâtre. Chaque atelier dure 1h30. Et les enfants peuvent s’inscrire à deux ateliers par après-midi.

Les – 6 ans doivent être accompagnés d’un adulte, les + 6 ans doivent avoir une autorisation signée des parents.
Chaque atelier est encadré par un animateur du centre et des habitants (en formation ou bénévoles).

Lorsque le centre n’a pas les compétences pour encadrer une activité, il fait appel à un opérateur spécialisé : Terre Ludique pour les jeux, Arts & développement pour la peinture, ACELEM pour la lecture…

Résultat : Action mise en place en 2015/16 avec 1400 présences aux ateliers dans l’année. Action reconduite en 2016/17.

"Place à l'Art" sur la halle Puget et la place "Halle Delacroix" / Têtes de l'Art (13001)

Dispositif artistique participatif et pluriannuel mis en place depuis 2010 sur 2 quartiers du grand centre ville : la place Puget à Belsunce et la place Halle Delacroix à Noailles. L’objectif est l’appropriation citoyenne de l’espace public et l’implication des habitants dans l’aménagement de leur espace de vie par le biais de l’action artistique et culturelle.

Des ateliers réguliers dans l'espace public permettent d'occuper le lieu, de lui donner vie. Un événement annuel présente le travail, propose des animations et des installations artistiques éphémères qui révèlent les potentialités de l'espace. Comme les ateliers sont organisés sur plusieurs années, des envies des habitants émergent et donnent lieu à de nouveaux projets, à des créations transitoires d'aménagement du site.

Toute l’action s’articule autour des partenaires locaux qui fréquentent les ateliers avec leur public, co-organisent l'événement annuel.

Résultat : action qui permet aux habitants de s'approprier différemment l'espace, de faire émerger des envie d'aménagement ou d'activités. De plus cette action a permis de mettre en évidence que « plus on est de structures, plus on a de force sur le territoire ».

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Les bonnes pratiques et points de vigilance

A partir de ces présentations, nous avons échangé pour dégager des bonnes pratiques pour développer ces activités mais aussi pour identifier les points de vigilance et de blocage.

Points de vigilance
- Responsabilité : penser à demander l'autorisation d'occuper l'espace à son propriétaire. Pour les mineurs, obtenir l'autorisation des parents (ce qui est loin d'être facile). Un bon compromis serait de laisser les enfants venir au début sans autorisation, puis s'ils viennent souvent, leur demander de la faire signer ou demander à rencontrer un parent. Certaines structures acceptent des enfants sans autorisation.
- Moyens humains et logistiques : au niveau de l'encadrement, un animateur peut suffire même si c'est plus confortable d'être à plusieurs. Des participants peuvent être mis à contribution pour encadrer.
En fonction des activités, plus ou moins de matériel est nécessaire. Prévoir des caisses et un véhicule pour tout amener ou mieux une carriole mobile déployable sur site (plus pratique et qui sert de signalétique) .

Bonnes pratiques
- L'implication des habitants dès le début du projet > ce qui demande de poser un cadre clair, un ‘contrat’ à passer avec des bénévoles, qui en échange de leur implication, peuvent accéder gratuitement à des sorties organisées par la structure, passer le Bafa...
- Prévoir un espace de convivialité pour les adultes qui viendront alors plus facilement, se sentiront plus à leur place.
- Proposer dès le départ l’activité aux parents car une fois l'activité estampillée "enfants", les autres personnes ne veulent plus venir.
- La régularité de l'activité est fondamentale pour que les habitants la repèrent.
- Un lieu fixe permet d'être mieux identifié, de créer des habitudes.
- Faire attention à donner de la visibilité de l'action dans l'espace. Du mobilier, une tente avec une couleur vive... susciteront la curiosité de tous !

Quelles activités proposées aux différents publics ?
Voici un récapitulatif réalisé à partir des expériences mises en place par les participants à l'atelier :

 


Les opérateurs spécialisés

Enfin des "opérateurs spécialisés" sont venus se présenter. On entend par opérateurs spécialisés ces associations qui peuvent venir en soutien des structures locales pour mettre en place des activités thématiques ou qui peuvent mettre à disposition du matériel :

- Arts et développement qui mettent en place et animent des ateliers artistiques extérieurs,
- les Petits débrouillards qui animent des ateliers scientifiques dans la rue,
- l'ACELEM qui développe des actions autour du livre hors les murs, notamment avec l'acquisition d'une ideas box en début d'année 2017, sorte de médiathèque en kit qui se déploie dans l'espace public,
- Terre ludique qui crée des jeux de grande taille faits pour l'extérieur et les anime,
- les Têtes de l'Art qui ont une expertise pour animer des ateliers artistiques dans l'espace public et qui ont une plateforme de matériel,
- Yes we camp ! qui met à disposition des caravanades aménagées pour faire de la cuisine, du bricolage, de l'audiovisuel...

 


Ressources en ligne sur cette thématique

Mémento sur l’animation de rue dans les centres sociaux de Seine-Saint-Denis

Les démarches d'animation de rue des centres sociaux en Seine Saint-Denis

 


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